
Ce qu’on lit quand le soleil pèse
Une page cornée, un verre qui transpire, le bruit d’un store qu’on baisse. L’après-midi se passe assis, en retrait de la lumière, et c’est très bien ainsi.
Le journal de la maison. On y range les choses vues le matin, lues l’après-midi, gardées pour plus tard. Rien d’urgent. Quelques pages, à lire lentement, comme on ouvre un carnet de vacances.

On part à sept heures parce que c’est l’heure où le village dort encore et où le sol garde la fraîcheur de la nuit. La foulée n’est pas un effort, c’est une façon de traverser un lieu avant qu’il ne se réveille. On rentre sans avoir croisé personne.
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Une page cornée, un verre qui transpire, le bruit d’un store qu’on baisse. L’après-midi se passe assis, en retrait de la lumière, et c’est très bien ainsi.

Du kraft, un peu de ficelle, un tampon posé de travers. On emballe à la main parce qu’une chose bien rangée dit qu’on y tient. Le soin se voit avant le contenu.

On y court mal et on s’en moque. Les ruelles tournent, les escaliers cassent l’allure, et on s’arrête pour rien, pour regarder la mer entre deux murs blancs.

Le citron est sur la table parce que l’arbre est dans la cour, pas pour dire l’été. On ne l’imprime nulle part. Il vit autour de nous, jamais dessus.

La lenteur n’est pas une pose, c’est une méthode. On laisse l’eau bouger seule, on attend que la chaleur tombe. Le reste peut bien patienter jusqu’à demain matin.

De quoi tenir l’après-midi sans regarder l’heure. Des pages qui ne demandent rien, qu’on reprend là où on les a laissées, le lendemain, au même endroit.
On écrit ici ce qui ne se vend pas. Le reste du temps, on court, on lit, on attend l’ombre.
Good Allure · Le Carnet